Vous savez le bruit des ongles sur un tableau d’école? Grrrrrrr….Quand j’entends ou lis des choses comme «(…) par la mise en place de ces mesures, les autorités ont voulu rassurer la population…» ou «en communiquant les risques, nous souhaitons être transparents», bien ça me fait le même effet que des ongles sur un tableau
Procéder à une démarche de communication de risque en ayant comme objectif de rassurer la population, en voulant à tout prix lui dire qu'on est transparent ou encore, en aspirant avoir toutes les réponses aux questions potentielles, est à mon sens, aux antipodes de l'objectif à atteindre. À mes yeux, ces comportements sont synonymes de paternalisme envers la population.
Cette population qui, au sens de la loi québécoise de la sécurité civile, est la première responsable de sa sécurité en situation d'urgence, celle qui prend de plus en plus sa place en se mobilisant contre des projets d'envergure (par exemple par la mobilisation citoyenne contre les gaz de schiste) et qui est désormais outillée, entre autres, par les téléphones intelligents, pour interagir avec son réseau, avec sa communauté, de même qu'avec le autorités. À mon avis, on est trop souvent porté à infantiliser cette population dans un contexte de mesures d'urgence. Comme s'il fallait lui prendre la main, la mettre dans la ouate pour éviter qu'elle réagisse.
La communication des risques doit exposer des faits, l'état des connaissances à un moment précis. Ne pas avoir toutes les réponses aux questions, savoir faire face aux incertitudes, reconnaître que nos plans d'urgence peuvent changer, en raison de l'évolution des connaissances ou des événements qui surviennent, sont davantage des comportements auxquels la population s'attend.
La population, parce que c'est «une grande fille», ne s'attend à rien de moins que la franchise et de la transparence de la part des autorités, gouvernements ou entreprises qui génèrent des risques. En ce qui a trait à la transparence, la population fait écho à Yvon Deschamps, «On ne veut pas le savoir, on veut le voir!» Elle veut la déduire elle-même, par des actions concrètes accompagnées d'un discours qui va dans le même sens. Lui dire bêtement, c'est comme lui mentionner que l'on cache quelque chose.
Parce qu'elle est «une grande fille», la population sait supporter les informations qui peuvent paraître difficiles à entendre et les réalités non plaisantes (Peter Sandman). Les autorités doivent donc apprendre à lui faire confiance et comprendre qu'elle saura faire preuve de résilience. Et comme rien ne vient jamais seul, que croyiez-vous qu'il se produira? La confiance deviendra mutuelle. Celle de la population envers les autorités augmentera assurément si elle sent qu'on lui fait confiance. C'est-à-dire, si elle a l'impression qu'on la considère…comme «une grande fille».
Bien qu'il soit ici question de communication de risque, il est vrai qu'en situation d'urgence, la même philosophie s'applique, la population s'attend aux mêmes types de comportements : à ce qu'on lui exprime les faits, que l'on reconnaissance les incertitudes.
Alors, êtes-vous prêts à bannir les comportements pouvant être jugés paternalistes? Partagez-vous mon agacement et croyez-vous qu'il est possible de faire confiance à la population? Je suis curieuse de vous lire!
0 Comments
Post a comment